Tunisie : les maux qui bloquent le tourisme

Le tourisme tunisien bat de l’aile. C’est pourtant un secteur de poids dans l’économie du pays : 7,5% du PIB et 14,8% des recettes de la balance des paiements en 2010.

Cette activité qui fait vivre plus de deux millions de Tunisiens a chuté ces trois dernières années comme l’ont signalé les professionnels du tourisme lors d’un débat organisé vendredi 24 mai par le Front populaire à Hammamet en présence de Hamma Hammami, Zied Lakhdhar, Monji Rahoui et Riadh Fahem.
La crise du secteur est souvent, trop souvent imputée à des problématiques conjoncturelles : la crise économique en Europe, l’image du pays, la qualité du produit, la promotion, … etc. Ce diagnostic a été révélé par les hôteliers de la région. Plus durs donc sont les maux structurels dont souffre l’industrie du tourisme tunisien. Il y a tout d’abord la problématique de la qualité du produit « une offre peu diversifiée et de mauvaise qualité » avoue un agent de voyage. C’est le plus beau pays du monde avec des plages, du soleil et pour les plus téméraires des chameaux. Cette offre, si elle continue à trouver preneur continuera aussi de souffrir d’un véritable manque de compétitivité par rapport à la concurrence de nos voisins marocains et turcs par exemple.

La Tunisie souffre d’un écart, voire d’un déficit d’image, par rapport à d’autres destinations, précise Ahmed Bettaieb : « Autant de retards qu’il faut combler, pour que le secteur puisse atteindre les objectifs fixés : améliorer la rentabilité, en augmentant les recettes annuelles à 5 milliards de dinars, atteindre 10 millions de touristes à la fin du prochain quinquennat, doubler les nuitées hôtelières… ».
Monji Guedas, hôtelier, a expliqué que le tourisme est un secteur vital pour le pays et que le Tunisien doit être conscient de l’importance de ce secteur et doit de ce fait être réconcilié définitivement avec cette activité qui a contribué à l’ouverture des Tunisiens sur d’autres cultures et civilisations.
Habib Bouslama, hôtelier, a estimé que le secteur a beaucoup contribué au développement des banques : « Sous l’effet de la croissance, les flux de crédits contractés annuellement pour financer les investissements et la croissance, les hôtels ont fini par accumuler un encours d’endettement vis-à-vis du système bancaire relativement important quelque soit le ratio considéré…».

M.Y
Crédit photo : Rached Berrazega

 

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