Tunisie : le Maghreb mise sur les énergies renouvelables

renouvelables.jpgLe Maghreb est l’une des régions où il est plus intéressant d’investir dans les énergies renouvelables (EnR). Selon un rapport publié en mars 2012 par le cabinet Ernst & Young, le Maroc et la Tunisie occupent respectivement la 30e et 34e place du top 40 mondial où ne figure pas l’Algérie. Chacun de ces trois pays a développé une expertise dans un segment précis.

« Un échange d’expertise entre les entreprises des trois pays s’avère très bénéfiques pour le Maghreb. Ces énergies sont un levier de rapprochement entre eux », a déclaré l’expert Boukhalfa Yaïci au journal « maghrebemergent », en marge d’une rencontre sur l’investissement dans le domaine des EnR, jeudi 06 septembre, à Alger.
L’expert a ajouté que l’Algérie prévoit de produire12000 MW d’énergie verte d’ici 2030. Le Maroc aspire à atteindre 6000 MW à l’horizon 2020 tandis que la Tunisie s’est fixé l’objectif de 3000 MW à réaliser en 2030. Cela représente une capacité de 30 GW à installer, avec un taux allant de 40% à 42 % du total de leurs besoins en électricité : « Ces programmes de développement des EnR constituent un créneau d’échanges important pour les entreprises maghrébines ». M. Yaïci a précisé, également, que chacun des trois pays s’est distingué dans un segment précis : « Les Algériens ont une longueur d’avance dans le photovoltaïque, mais ils ont beaucoup à apprendre de l’expérience tunisienne en matière de fabrication des chauffe-eau solaire et d’isolation thermique. Les entreprises marocaines peuvent apporter leur savoir-faire dans l’industrie éolienne. Les entreprises maghrébines auront ainsi plus de d’opportunité à se développer dans un marché plus vaste. Les entreprises maghrébines spécialisées dans les EnR auront également de grands atouts pour se développer en exportant leurs produits et services vers les autres pays de l’Afrique où l’électricité est très chère ».
Il a affirmé que l’interconnexion maghrébine en matière d’électricité a procuré des avantages techniques et économiques « substantiels ». Il s’agit du secours instantané de puissance à chacun des réseaux dans des situations difficiles, la réduction du coût de production par la mise en commun de la réserve tournante. Dans cette même optique, il souligne que le passage au palier de 400 kV entre l’Algérie et le Maroc en 2009 et bientôt entre l’Algérie et la Tunisie est à même d’assurer le transport et le transit de plusieurs milliers de MW : « Mais malheureusement les échanges intermaghrébins restent modestes (5% des capacités disponibles entre l’Algérie et la Tunisie et 16% entre l’Algérie et le Maroc) ». M. Yaïci suggère aux Etats maghrébins d’aider les entreprises locales activant dans le secteur des EnR en imposant la « part locale » obligatoire sur les projets et de protéger leurs produits à travers les droits de douanes. Il propose aussi de supprimer ou du moins réduire la TVA sur les produits locaux et d’augmenter les tarifs de l’électricité : « Les gouvernements maghrébins devraient favoriser l’implantation des entreprises internationales dans leur pays en adoptant des réglementations attrayantes ».

M.Kh

 

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