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Tunisie : le discours de Caïd Essebsi décortiqué par les partis politiques

Beji_Ciaid_Sebsi.jpgLes représentants des partis politiques ont affiché des réactions mitigées concernant le discours prononcé, jeudi 18 août 2011, par le Premier ministre du gouvernement de transition Béji Caid Essebsi au palais des congrès à Tunis devant la classe politique.

Satisfaction pour les uns qui affirment que le discours est porteur «de signaux positifs», désenchantement pour les autres dans la mesure où il n’a pas proposé une feuille de route claire.
Le secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés, Mustapha Ben Jaafar, a estimé que le discours a apporté un signal apaisant pour l’opinion publique et a reflété une prise de conscience de la situation délicate que traverse le pays. Il a considéré que le discours du Premier ministre du gouvernement de transition est en cohérence avec le programme du FDTL en ce qui concerne la nécessité d’une révision totale du système économique et social.
De son coté, Kamel Morjane, secrétaire général du parti de l’initiative a fait remarquer que le Premier ministre a voulu rassurer la rue tunisienne qui se pose aujourd’hui de nombreuses interrogations au moment où le pays traverse une conjoncture difficile.
Le discours a tranché plusieurs questions qui divisent la société tunisienne, a estimé pour sa part Noureddine Bhiri, porte-parole du mouvement Ennadha «en affirmant l’impératif d’organiser les élections de l’Assemblée constituante à la date prévue et d’être l’expression de la volonté libre du peuple».
Ce fait, a-t-il dit, ne peut empêcher le gouvernement de transition d’assumer ses responsabilités et d’intervenir d’urgence pour faire face à certains défis dangereux à l’instar des défis sécuritaires, de la pauvreté et du chômage.
Le Premier ministre s’est voulu rassurant, a estimé Mohamed Kilani, représentant du pôle démocratique moderniste dans la mesure, dit-il, où il vient confirmer la date du 23 octobre et lever toute équivoque concernant les rumeurs faisant état de l’éventualité que l’actuel gouvernement puisse rester au delà des élections de la Constituante.
Pour sa part, la secrétaire générale du Parti Démocratique Progressiste Maya Jribi a relevé que l’annonce du maintien de la date des élections ne s’est pas accompagnée de clarifications concernant le mandat et les attributions de la constituante.
Pour le premier secrétaire du mouvement Etajdid, Ahmed Ibrahim, le discours a reflété une prise de conscience de la nécessité de déployer davantage d’efforts en vue de rattraper les lenteurs enregistrées dans le processus visant à rompre définitivement avec les symboles de la corruption.
Il est encore possible aujourd’hui de poursuivre l’assainissement de l’administration aux plans national et régional afin que le message soit clair pour dire que la Tunisie a entamé une nouvelle page de son histoire. Il s’est félicité de l’adoption par le gouvernement de la proposition du mouvement Ettajdid pour la création de chambres judiciaires spécialisées dans les affaires de corruption.
De son coté le porte-parole officiel du mouvement des patriotes démocrates Chokri Belaid a soutenu que le Premier ministre a omis de répondre aux interrogations concernant le financement politique et l’adoption de mesures exceptionnelles et urgentes concernant le pouvoir d’achat des Tunisiens et le secteur de l’information.
Le président parti libéral maghrébin Mohamed Boussairi Bouebdelli a qualifié le discours comme étant «un récit historique pratiquant la langue de bois et en deçà des attentes». Le pays n’a pas besoin de discours de ce genre en ce moment, a-t-il commenté.
Dans le même sens, le discours n’a pas proposé une feuille de route claire et n’a pas délimité les prérogatives et la durée du mandat de l’assemblée constituante, a soutenu Faycal Zemni, président du parti de la gauche moderne.
Un avis partagé par la présidente du mouvement démocratique de l’édification et de la réforme (MDER) Emna Mansour Karoui qui a estimé que « le Premier ministre n’a pas évoqué de questions fondamentales concernant la situation actuelle du pays ».
Pour le président du parti El Majd, Abdelwaheb El Hani, le discours n’a été qu’une tentative pour rassurer, mais a échoué à apporter une réponse aux véritables attentes et aux interrogations de l’opinion publique particulièrement en ce qui concerne la corruption financière, le jugement des symboles de la corruption et la répression des manifestations pacifiques.
Pour sa part, le Parti libre destourien démocratique tunisien a exprimé, dans un communiqué, sa satisfaction « de l’écoute du gouvernement des slogans scandés par les catégories populaires » lors des manifestations. Le parti estime que la transition démocratique ne peut s’effectuer en l’absence d’un climat de sécurité et de stabilité favorisant l’instauration du processus démocratique et permettant à toutes les catégories sociales de connaître les prochaines étapes à parcourir.


M.B

 

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