Tunisie – Tourisme : Le Cap-Bon est loin d’être attractif en dehors de l’été

Le_Cap-Bon.jpgLa Fédération régionale d’hôtellerie du Cap Bon a tenu son assemblée générale ordinaire non élective à Yasmine Hammamet. Cette AG présidée par M.Mohamed Belajouza Président de la FTH fut une occasion de faire le point sur les activités de la fédération au cours de l’exercice écoulé.

Elle se tient dans une conjoncture difficile caractérisée par une grande instabilité de l’économie mondiale, de fortes fluctuations des taux de change et une crise financière sans précédent. Ce qui a engendré un important recul des arrivées des touristes qui s’est accentué en 2009. La Fédération sous la conduite de M.Habib Bouslama affirme ne pas ménager d’efforts pour défendre au mieux les intérêts de la profession et tenter d’apporter dans la mesure de ses prérogatives et de ses capacités des solutions à certains problèmes, le tout sur la base de consultations régulières avec les professionnels de la région.
La fragilité du balnéaire
Il s’avère du rapport présenté par le secrétaire de la FRH que “le produit touristique de la région est basé essentiellement sur le balnéaire qui ne dure que quatre à cinq mois. Le reste de l’année, le Cap Bon souffre du manque de diversité de produit en dehors de la marina, de deux golfs et de quelques centres de thalasso.
Il n’y a aucun autre mobile d’attraction du touriste en dehors de la saison estivale. C’est ce qui explique entre autres la baisse des marchés anglais, allemand et italien. L’édification d’au moins cinq parcours de golf apporterait une solution directe au problème de la région et ferait d’elle un pôle golfique, ce qui contribuerait à augmenter le taux d’occupation de ses lits. L’absence de label spécifique à la région, et d’animation continue et de haut niveau, d’un support vidéo, d’un site web pour le Cap Bon avec ses spécificités en plusieurs langues a beaucoup handicapé la région. Ces carences ont fait que le produit touristique demeure saisonnier. Sa rentabilité est de plus en plus aléatoire.”
C’est déjà Ramadan !
Si un effort a été réalisé par les professionnels et l’administration dans les salons à l’étranger, la promotion du produit touristique à l’étranger est bien loin de valoir celle des pays concurrents qui allouent un grand budget pour faire connaitre les différentes facettes touristiques de leurs pays. Durant les cinq prochaines années, le mois de Ramadan sera en pleine haute saison, il y a lieu de considérer cet aspect et d’innover en fonction du niveau de la promotion et de la commercialisation du produit. Une action envers les pays du Golfe serait porteuse car, c’est durant Ramadan, que ces pays prennent leur congé en voyageant hors de chez eux. Un autre volet qui handicape le tourisme tunisien, c’est l’animation qui a été et est toujours un autre point du produit de la région indique le rapport de la FRH. « Si l’hôtelier a encore la charge d’animer l’intérieur de son enceinte hôtelière, il ne peut pas s’occuper de l’animation en dehors de l’hôtel.
La profession ne peut pas se substituer à des organismes spécialisés en la matière. D’où la nécessité d’œuvrer à promouvoir à travers les gens du métier une animation de haut niveau sur toute l’année. Cette animation doit être plurielle, musicale, sportive, artistique et événementielle. » Certes la région gagne à avoir un environnement meilleur. Mais plusieurs problèmes demeurent toujours posé et notamment le plastique pollueur et les algues à Hammamet Sud. Par ailleurs, l’environnement humain laisse à désirer et il y a lieu de doubler d’efforts pour éradiquer cet état de fait, de tout genre, des vendeurs de plage aux businessas des médinas.
Reste à résoudre le problème de l’endettement des hôteliers. Ceci exige une adhésion plus forte de tous les professionnels de la région. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, car, seuls 38 établissements hôteliers sur 160 dont 112 en activité adhèrent à la Fédération, soit 34%. Un pourcentage qui appelle à une vraie pause de réflexion pour déceler cette indifférence des professionnels vis-à-vis de leur organisme professionnel.
Les hôteliers ont intérêt à croire à leur fédération qui pourra apporter toujours une solution à leurs problèmes durant cette période morose.

Kamel BOUAOUINA
 

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