| L'environnement économique international implique aujourd'hui
pour les acteurs économiques et juridiques de disposer rapidement
d'un accès aux bases de données légales sur
les entreprises de tout pays et de connaître les pratiques
en matière de droit des sociétés à l'extérieur
des frontières nationales.
Les pays développés et les pays émergents
ne font que renforcer cette nécessité en prônant
le libre exercice des prestations de service en vertu du «principe
du pays d'origine» ou peut être du «principe
du pays de destination». Quelque soit la décision
finale, force est de constater l'importance pour les entrepreneurs
d'être à même de vérifier en temps réel
la fiabilité d'une entreprise étrangère et
les conditions de contractualisation avec une telle entreprise. La
constitution d’une société en ligne touche généralement
la procédure d’immatriculation au registre de commerce et
les formalités de publication légale. 1.
Le contexte européen
La dématérialisation des procédures d'immatriculation
constitue un enjeu important dans le cadre de la simplification
et de la facilitation des démarches administratives. Cette
problématique a trouvé un second souffle avec l'adoption
en juin 2003 de la révision de la Première directive
européenne dite «relative aux obligations de publicité de
certaines formes de sociétés» (68/151/CE),
et notamment ses dispositions concernant la dématérialisation
de l'information légale sur les sociétés.
Les nouvelles mesures contenues dans la directive devront entrer
en vigueur au plus tard le 1er janvier 2007. Elles proposent aux
entreprises «de déposer leurs actes et mentions requises
par le droit communautaire et national sur support papier ou par
voie électronique». «L'écrit électronique
est ainsi dorénavant admis comme preuve, à la condition
que la personne dont émane le message soit dûment
identifiée et que le message soit établi et conservé dans
des conditions de nature à en garantir l'intégrité».
Dans ce domaine capital pour les chefs d'entreprises, les situations
entre pays apparaissent très contrastées, même
si l'on peut statistiquement constater que sur 36 pays, 31 d'entre
eux sont dotés de sites diffusant les informations du registre
du commerce. Certains sites sont uniquement accessibles en langue
nationale, d'autres sont également accessibles en anglais.
19 de ces sites permettent de commander en ligne des informations
du registres, parfois la commande est complètement dématérialisée,
parfois un formulaire de commande en ligne doit être imprimé puis
envoyé par télécopie. Les informations fournies
sont plus ou moins approfondies selon le droit en vigueur. Six
pays, l'Australie, l'Angleterre, la Belgique, la Finlande, la France,
et les Pays-Bas proposent de visualiser les documents en ligne.
S'agissant de la dématérialisation des formalités
légales, certains registres du commerce sont d'ores et déjà prêts à recevoir
et traiter en ligne les dossiers numériques présentés
par les entrepreneurs ou leur mandataires : c'est le cas de l'Australie,
l'Angleterre, de la Moldavie ou de la Norvège.
Plusieurs pays sont dans une situation intermédiaire en
l'attente de la publication des textes réglementaires nationaux
autorisant la dématérialisation complète des
dossiers de formalités légales. Pour faire face à cet
obstacle, ils permettent le téléchargement des dossiers
de formalités légales par Internet et proposent l'ensemble
des formulaires interactifs en ligne mais n'acceptent que les dossiers
complets que sous format papier : tel est le cas de la France,
l'Italie, le Luxembourg, les Pays Bas, l'Allemagne. Dès
la publication des textes d'application, ces registres accepteront
les formalités en ligne. Pour palier cette interdiction
transitoire, la République Tchèque a une procédure équivalente
dans son principe bien qu'un peu plus souple dans sa forme : le
dossier d'immatriculation peut être retourné dans
un premier temps sous format électronique mais une confirmation
manuscrite sous format papier est nécessaire dans un second
temps.
D'autres registres du commerce participant à cette étude
sont en cours de réflexion. La Lituanie par exemple a annoncé l'ouverture
de son système d'immatriculation dématérialisé pour
le 1er juillet 2007. D'autres États sont actuellement en
train de faire évoluer leur législation en la matière,
la Hongrie pense le proposer à partir du 1er janvier 2005,
la Lettonie vient d'adopter la loi sur la dématérialisation
mais doit encore publier les décrets d'application.
Dans ce domaine, l'impact de la directive adoptée en 2003
sera décisif et forcera les pays à adapter leurs
législations et leurs procédures. Toutefois, conformément
aux recommandations de la jurisprudence tant de la Cour Européenne
des Droits de l'Homme que de la Cour de Justice des Communautés
Européennes, des exigences fondamentales doivent être
prises en compte dans un système d'immatriculation dématérialisée
: le respect et l'intégrité du contenu de certaines
données informatiques doivent être 2. Le contexte Tunisien Avec
l’adoption de loi n° 2004-89 du 31 décembre 2004,
relative aux procédures de constitution de sociétés
en ligne, la Tunisie se trouve vers la bonne voie de la la dématérialisation
des procédures juridiques administratives des entreprises
et de la publication des informations légales
En effet, cette loi a prévu, la constitution de sociétés
anonymes, de sociétés à responsabilité limitée
et de sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée,
dont les activités sont régies par les dispositions
du code d'incitation aux investissements ainsi que l'échange
de documents nécessaires et le paiement des droits exigibles
pour leur constitution peuvent avoir lieu par les moyens électroniques
fiables conformément à la législation relative
aux échanges électroniques.
Le capital desdites sociétés constituées ne
doit pas comporter des apports en nature.
La constitution de sociétés selon les moyens électroniques
prévus par l'article premier de la présente loi dispense
de la présentation sur papier des documents nécessaires à leur
constitution. Par
ailleurs et en vertu de l’arrêté du Premier Ministre
du 11 juillet 2005, il est ajouté à l’article 3,
de l’arrêté du 19 novembre 1994 fixant les tarifs
du Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) et
de la publicité légale, règlementaire et judiciaire,
un paragraphe 3 bis intitulé : ‘’ Annonces relatives à la
constitution d’une nouvelle société en ligne’’. En
effet, pour les annonces relatives à la constitution
en ligne des sociétés à responsabilité limitée
ou sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée,
les frais sont fixés à 50D y compris la TVA 18%. Pour
les annonces, relatives à la constitution en ligne
des sociétés anonymes, les frais sont fixés à 100D
y compris la TVA 18%. 3.
Le contexte canadien et principalement dans l’état du
Québec L’enregistrement
des sociétés en ligne au Canada
est régi par le registraires des entreprises. En
effet, le Registraire des entreprises est un organisme gouvernemental
qui
relève du ministre des Finances.
Le Registraire a pour mission principale de contribuer à la
protection des entreprises, des associations et du public dans
leurs relations économiques et sociales.
À
cette fin, le Registraire tient un registre à caractère
public dans lequel sont reçues, traitées, conservées
et diffusées les principales informations d'identité concernant
les associations et les entreprises constituées au Québec
ou qui y exercent des activités. Ces informations ont une
valeur légale.
Le Registraire a également pour mission de contribuer au
développement économique et social du Québec
et d'assurer la protection des différents intervenants du
milieu socioéconomique québécois en administrant
la législation régissant la constitution, l'organisation,
le fonctionnement, la liquidation et la dissolution de la grande
majorité des personnes morales au Québec, et en fournissant
aux intéressés, notamment aux investisseurs, des
regroupements d'informations déclarées au registre
des entreprises.
Sa mission consiste également à améliorer
l'efficacité administrative du gouvernement et à faciliter
les communications que ce dernier maintient avec les associations
et les entreprises et inversement, par :
1. l'attribution du numéro d'entreprise du Québec
(NEQ);
2. l'échange d'informations entre le registre des entreprises
et les ministères et organismes qui administrent des programmes
applicables à des associations et à des entreprises
immatriculées dans ce registre.
Enfin, le Registraire a pour mission de faire des recherches, des études
et des analyses et de faire des propositions afin que les lois
régissant les personnes morales au Québec soient
en concurrence avec celles qui s'appliquent aux personnes morales
constituées en vertu des lois du Parlement du Canada et
des autres provinces ou territoires. Conclusion
Les registres du commerce nationaux et européens, mais aussi
des quatre continents, sont aujourd'hui à l'aube d'une véritable
révolution combinant plusieurs facteurs, juridique et politique,
technologique et économique :
- la volonté politique européenne de renforcer un
Marché intérieur nouveau et recomposé
à
25, comportant un nombre croissant de partenaires nationaux avec
des spécificités
é
conomiques nouvelles, dans le cadre d'un environnement juridique évolutif
- l'explosion de l'utilisation des NTIC qui génèrent
une nouvelle approche de l'accès aux
informations et aux services juridiques et publics dédiés
aux entreprises
- l'impact du mouvement de mondialisation sur les volumes et
les modes d'échanges
é
conomiques en marche depuis maintenant plusieurs décennies.
Entraîné dans ce processus inéluctable, les
registres du commerce ont tous entrepris les actions qu'ils estiment
les plus à même d'accompagner ce mouvement. Les solutions
adoptées sont parfois communes, parfois homogènes,
parfois hétérogènes, toutes sont le résultat
d'un travail de réflexion prenant racine au plus profond
des spécificités culturelles et juridiques nationales,
toutes ont pour objet de préparer l'avenir.
Source
: Audinet Conseil le 04/08/2005 à 16:00

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