C'est ce qui ressort d'une étude comparative menée
par les écoles EM Lyon et Euromed Marseille et qui a présenté entre
autres l'état des lieux du capital investissement dans
la zone euro-méditerranéenne.
Etude qui a par ailleurs servi comme document de travail au
1er forum euro-méditerranéen du capital investissement
tenu récemment à Lyon (France).
Près de 300 participants venus de 25 pays ont pris part
aux travaux de cette rencontre.
La Tunisie a été le pays le mieux représenté avec
23 participants.
Au cours du ce forum, plusieurs experts internationaux, dirigeants
d'association de capital investissement, opérateurs et
autres responsables se sont succédé à la
tribune pour avancer des idées et en échanger d'autres.
A cette occasion, M. Philippe de Fontaine Vive Curtaz, vice-président
de la Banque européenne d'investissement (BEI), a souligné «l'importance
stratégique du capital investissement pour le développement
des entreprises privées» et a annoncé la
mise à disposition immédiate d'une enveloppe de
150 millions d'euros (environ 250 millions de dinars) «pour
irriguer les entreprises privées par l'intermédiaire
des fonds de capital investissement de la zone Meda».
Après deux journées de débat et d'échanges,
quatre principales idées-force se sont dégagées, à savoir
:
- Le capital investissement a un rôle essentiel à jouer
dans le développement d'un tissu d'entreprises dynamiques
et créatrices d'emplois en Europe comme sur la rive sud
de la Méditerranée. Pour le Sud, l'enjeu est immense:
dans les 15 ans à venir, les pays de la zone sud et orientale
vont voir leurs populations s'accroître de 100 millions
d'habitants et il faudra créer 45 millions d'emplois nouveaux
pour maintenir le taux de chômage à 20%. Pour commencer à le
réduire, il faudrait porter le taux de croissance des économies
de la zone à 7% par an.
- Outre une politique incitative des pouvoirs publics (cadre
légal et fiscal favorable, fonds d'amorçage), le
développement du capital investissement implique une évolution
des pratiques managériales vers une plus grande transparence
et le respect de critères d'évaluation reconnus
de façon universelle, car l'un des grands enjeux est la «sortie» des
investisseurs.
- Le potentiel de la zone euro-méditerranéenne
existe : plus de 700 millions d'habitants, une zone de libre-échange
associée à l'Europe à partir de 2010, des élites
formées dans les meilleures universités mondiales
qui veulent s'investir dans leur pays, une capacité d'épargne
qu'il faut savoir retenir et des ressources financières
exceptionnelles dans les pays du Golfe.
- Les échanges de savoir-faire sur l'ensemble de la zone
sont fondamentaux : entre le Nord et le Sud, mais aussi les échanges
et la concertation Sud-Sud. Il faut former, diffuser les expériences.