La conjoncture économique mondiale demeure
caractérisée par l'envolée des cours du pétrole
et la tendance au ralentissement de l'activité dans les
principaux pays industrialisés. Lors des assemblées
annuelles du Fonds Monétaire International et de la Banque
Mondiale tenues les 24 et 25 septembre courant, les milieux financiers
internationaux ont exprimé des appréhensions quant
aux effets de la flambée des prix du pétrole qui
risquent d'altérer avec un certain retard les perspectives
d'évolution de l'économie mondiale.
En dépit de ce contexte, la Réserve fédérale
américaine a décidé, le 20 septembre courant,
un nouveau relèvement de son taux directeur de 25 points
de base pour le porter à 3,75%, tandis que la BCE a maintenu
inchangé son taux directeur.
Sur le plan national,
la croissance des secteurs du tourisme, du transport aérien et des communications ainsi que des échanges
extérieurs se poursuit, alors que l'activité industrielle
connaît un certain ralentissement, comme le reflète
notamment, l'accroissement modéré de la consommation
d'électricité de haute et moyenne tensions qui s'est
limité à 2,9%, durant les sept premiers mois de l'année,
et la progression moins rapide que l'an passé des importations
de matières premières et demi-produits, soit 8,9%,
au terme de la deuxième décade du mois de septembre
2005.
En ce qui concerne le
secteur touristique, les nuitées
globales se sont accrues de 12,9% au terme des huit premiers mois
2005, et le taux d'occupation s'est amélioré de 4,9
points de pourcentage pour s'élever à 55,6% en moyenne.
En matière de commerce extérieur, les données
provisoires au 20 septembre 2005 font état d'un accroissement
des exportations et des importations de 11,8% et 9% respectivement,
contre 12,6% et 10,7% l'an passé. Il en est résulté une
amélioration du taux de couverture de 2 points de pourcentage.
L'accroissement des
exportations a concerné particulièrement
les industries mécaniques et électriques (18,8%)
et les industries diverses (17,9%). Quant aux exportations du secteur
textile et habillement, elles ont continué à connaître
une faible évolution (0,9% contre 2,5% un an plus tôt).
Pour les importations,
l'augmentation a intéressé tous
les groupes de produits, et surtout l'énergie (39,7%).
Pour leur part, les
recettes en devises générées
par le secteur touristique ont progressé de 13,1%, au terme
de la deuxième décade du mois de septembre 2005,
pour atteindre 1.834 MDT.
Les économies sur salaires transférées par
les Tunisiens résidents à l'étranger ont augmenté de
6,1% pour se situer à 1.024 MDT au terme de la deuxième
décade du mois de septembre.
L'effet conjugué de la légère baisse du déficit
commercial et de la consolidation de l'excédent de la balance
des services a permis d'alléger le déficit courant
qui s'est situé à 0,4% du PIB au titre des huit premiers
mois de 2005 contre 0,7% pour la même période de 2004.
Au 28 septembre 2005,
les réserves en devises ont atteint
5.737 MDT, soit l'équivalent de 123 jours d'importation
contre 4.655 MDT et 112 jours pour la même période
2004.
Au niveau des Finances
publiques, la hausse des prix du pétrole
continue d'exercer de fortes pressions sur l'équilibre budgétaire,
exigeant des efforts importants pour maintenir le déficit
budgétaire à un niveau ne dépassant pas 3%
du PIB.
Au plan monétaire, l'agrégat M3 s'est accru, au
terme du mois d'août 2005, à un taux en deçà de
celui enregistré une année auparavant (6,5% contre
7,7%), en adéquation avec le rythme de croissance.
La liquidité bancaire s'est améliorée en
août 2005, amenant la Banque Centrale à réduire
son intervention sur le marché monétaire dont le
volume s'est établi, en moyenne, à 423 MDT contre
612 MDT le mois précédent. Le taux d'intérêt
au jour le jour sur le marché interbancaire a continué à fluctuer
entre 4,97% et 5,03% et le taux moyen s'est maintenu à 5%.
L'indice général des prix à la consommation
a augmenté, en août 2005, de 0,4% par rapport au mois
précédent. Pour les huit premiers mois de l'année
en cours, le taux d'inflation s'est limité à 1,5%
contre 4,6% durant la même période de l'année
précédente.
Sur le marché des changes, depuis le début de l'année
et jusqu'au 28 septembre, le dinar a enregistré une dépréciation
de 11% par rapport au dollar américain et une appréciation
de 1% vis-à-vis de l'euro.
A la lumière de ces résultats, et compte tenu de
la maîtrise de l'inflation et des équilibres externes,
le Conseil d'Administration a décidé de maintenir
inchangé le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie.